Articles à propos de Max Kohn

Une approche classique

Mariana Wathelet, Luxemburger Wort, 30 Janvier 2003

Max Kohn expose à la galerie Michel Miltgen

Max Kohn expose à la galerie Michel MiltgenPour le peintre Max Kohn la femme est une ligne interrompue, l'instance passagère d'une inspiration d'artiste. En exposition jusqu'au 9 février dans l'espace du premier étage de la Galerie Michel Miltgen, Max Kohn revient, après une absence de presque deux ans, avec une sélection d'aquarelles, crayons, encres et techniques mixtes réalisés entre 1998 et 2002. Les thèmes principaux-la femme, des fleurs, une série de poissons et quelques paysages-parlent d'un geste de peinture ample, capable de couvrir avec la même attention et subjectivité d'artiste tant le détail précis que la silhouette du modèle.

«La beauté d'une femme», écrivait Jeanloup Sieff, «est un petit morceau de temps qu'on épingle comme un papillon dans une boite». Délicates, légères, fluides, travaillées de la même manière, la fleur et la femme se rejoignent dans le travail de Max Kohn, contours fragiles, aussi inachevés que le passage du temps. Parfois une trace suffit pour suggérer une tige et la douceur d'une pétale, la courbure d'un dos et la finesse d'une épaule. Proche du raffinement oriental, le dessin de Max Kohn est souple, composé de lignes fines «en fil de soie», et de lignes lourdes ou la main appuie sur le pinceau, peut-être dans le bouleversement du cœur.

Cependant, l'œuvre de Max Kohn n'est pas statique. Singulière, élégante, exceptionnellement délicate, elle garde intact son coté dynamique. Sensuelles sans devenir luxuriantes, frêles sans craindre la mollesse, épurées mais pas épineuses, c'est justement grâce à leur simplicité que les silhouettes sonorisent le support, laissant le noir de leur encre devenir explosif sur le blanc du papier. «La rêveuse», «La garçonne», mais aussi «Les copines» et «Les trois gracieuses», seules ou en groupe de deux ou trois, il existe une expérience commune entre les femmes-aquarelles et les femmes-crayon, des dessins où le corps s'alourdit, imprégné d'une volupté feutrée que seule la trace large et légèrement poilue du fusain peut réaliser. Gris en nuance perdue de noir, traversé en désordre par des veines blanchâtres, l'espace des corps «crayonnés» se lasse, s'arrondit, se met en boucle.

D'un caractère, d'un geste, d'une technique, bref d'une conception tout à fait différente, «Le poisson volant», «Le poisson dans l'eau» et «Le petit poisson», réalisés en 1999, rappellent l'agréable série des animaux basse-cour tout en faisant foyer commun avec la série des paysages par le traitement du détail graphique et celui des couleurs. Approche plus classique du dessin et de la substance chromatique, soit-elle huile,encre, aquarelle ou mélange de plusieurs techniques et produits de peinture, les compositions de Max Kohn, comme ses dessins et ses esquisses de réalisation récente, loin de créer des fractures entre un style et un autre, sont là pour qualifier des «ilots» dans le parcours de l'artiste, pour définir sans justifier sa capacité de sentir et de mettre en vue l'émotion, ou tout simplement «le temps fort» d'un moment.



Max Kohn invité du Suricate

Max Kohn invité du SuricateArtiste luxembourgeois, Max Kohn habite depuis deux ans en Lorraine. Ami personnel de Bertrand Kelle, président de l'association «Le Suricate», il a souhaité se dévoiler à Bar-sur-Seine en cette fin d'année.

Max Kohn est à la fois moderne et classique dans le figuratif. «C'est quelqu'un qui peint dans l'instant», confie Bertrand Kelle. «Les émotions guident ses traits, ses gestes».

Femmes, paysages, animaux, plantes, les œuvres de Max Kohn évoquent le raffinement oriental. Les tracés sont tantôt fins tantôt épais et suivent les sentiments du créateur. D'une élégance singulière, les tableaux sont empreints de dynamisme.

A partir de samedi, le public est engagé à découvrir des dessins, des aquarelles, et des linogravures de cet artiste à la carrière internationale.



Max Kohn: un technicien de l'art

L'artiste luxembourgeois Max Kohn expose vingt-deux œuvres les plus récentes à la Maison du XVIème à Bar-sur-Seine

Max Kohn: un technicien de l'artMax Kohn est un touche-à-tout de l'art. Son exposition se tient à la Maison du XVIe jusqu'au 4 janvier. S'il a accepté de venir à Bar-sur-Seine, loin de son Luxembourg natal ou de là Lorraine, sa région d'adoption en France, c'est non seulement pour faire découvrir son art mais aussi par gout pour les vieux bâtiments». Les vieilles maisons m'attirent», souligne celui qui rêve d'exposer dans une antique maison japonaise. Sa venue dans la région était aussi une manière pour lui si ses habitants correspondent à «l'idée que je me faisais d'eux». La technique avant tout

Tout au long de son parcours, Max Kohn a fait preuve d'un gout certain pour les techniques classiques: lithographies, dessins ou sculptures. Pour lui le choix de l'une d'entre elles est imposé par le sujet, «le sujet est directement lié à la technique», affirme-t-il en donnant l'exemple d'une œuvre qu'il a réalisé quelques années : «J'avais décidé de sculpter des artistes de cirque, or il s'est avéré que seul le métal pouvait permettre de rendre le mouvement des corps». Son sens de l'observation, il l'acquis lorsqu'enfant, malade et alité, il pouvait observer à l'envi ce qui l'entourait. Des études en Belgique et en Allemagne lui ont ouvert ensuite les portes du monde de l'art. Vingt-deux œuvres sont exposées à la maison du XVIe dont plusieurs linogravures, une technique qui utilise le linoléum que l'on grave ensuite avec une technique proche de celle utilisée par les graveurs de bois. Max Kohn effectue les tirages à la main de petites séries de linogravures.

Pour cette exposition, l'artiste a privilégié ses réalisations les plus récentes, entre 1999 et 2003, pour donner un aperçu de son œuvre, mais cette fois sans sculptures qui feront, on l'espère l'objet d'une autre exposition à Bar-sur-Seine.



„A ne plus savoir qui admire qui“

Mariana Wathelet, Luxemburger Wort, 30 novembre 1999

Max Kohn expose à la galerie MIKADO

Les œuvres de Max Kohn - nus, fleurs, animaux, etc. - exposées à la galerie Mikado sont une magnifique invitation à revisiter, avec l'esprit et le regard curieux, l'acte de création délicat de l'artiste qui réussit une intuition de finesse et d'équilibre. Nulle raideur, nul drame dans le geste, n'entravent la conscience de sa peinture légère. Le geste Kohn crée des univers particuliers, des univers personnels, où l'image s'accorde le droit de devenir complice de l'humour et s'acharne à la création des espaces du plaisir.

Les animaux de Max Kohn, «Sumotori» le coq japonais, et «Marie-Marguerite», la poule ballerine, entrainent le regard dans la profondeur du miroir. Ils traduisent les désirs et les cocasseries humains. La texture riche, la ligne griffée, accumulation et dispersion, peinture et acier, des êtres loufoques naissent du pinceau et du burin de l'artiste. Acrylique et aquarelle, le noir de l'encre de chine ne ferme pas l'évolution de la couleur, car les dynamiques de la vie explosent dans les jeux de nuances. Plus loin encore, on ne peut éviter la «vacca» en acier qui, cou allongé, tête fouineuse et deux petits yeux ronds dont le regard nous dévisage, curieux, à n'en plus savoir qui admire qui. L'idée est pétillante, et plus encore, l'artiste réussit son pari de transformer la caricature en objet et fonction d'art sans rien enlever aux équilibres internes des couleurs.

L'écriture de Marguerite Duras rencontre les contours des nus de Kohn: «Je vois que ses jambes qu'elle avait jusque-là laissé aller à moitié repliées dans une apparente négligence, je vois qu'elle les rassemble dans un mouvement de plus en plus fort… Et puis je vois que l'effort cesse brusquement et avec lui tout mouvement. Voici que tout à coup le corps a la rectitude d'une image définitive… elle est immobilisée dans cette pose du sommeil». On dirait que le pinceau coloré prend de moins en moins de place, jusqu'à se dérober à la vue.

L'espace de la chair se forme dans la responsabilité du trait vibrant et dans l'émotion de la courbe tensionnée. «Dessin», «A Fleur de Peau», «Nu dos», «Nu, nu, do, do», la main fige dans la fibre la chaleur du détail, le désir et la pudeur, les harmonies d'une féminité qui s'approche de la sensibilité d'artiste et de la conscience du désir.

«Fleurs», «Paysage africain», gout des dunes, odeur d'orchidée, le pigment écrit la définition de la finesse. La chaleur du désert, l'opulence des feuilles vertes d'un palmier en suspension dans le ciel bleu, la fragilité d'une pétale accrochée à l'éphémère d'une tige. Le geste créateur à laissé derrière lui les poèmes, la couleur effleure les surfaces et dresse la souplesse des corps. Encre de Chine et aquarelles, nuances légères et couleurs riches, Max Kohn nous offre, uns fois de plus, les instants de la fleur à sentir.



L'artiste de l'instant

Républicain Lorrain, 2 juin 2001

La Tour Mahuet accueille pendant une partie du mois de juin l'exposition de l'artiste luxembourgeois Max Kohn. Peintre et sculpteur, celui-ci propose sa vision des femmes, des fleurs et des animaux sur les trois étages de la tour.

L'artiste de l'instantNatif de Esch-sur-Alzette, Luxembourg, installé depuis neuf mois à Ozerailles, il a emmené son art de Berlin à Paris, de Bruxelles à Vienne, de Sarrebrück à Varsovie, de Bale à Vaduz. Il expose pour la troisième fois en France. Soixante-dix de ses œuvres sont réparties sur les trois étages, selon des thèmes bien précis : la ferme et les animaux de basse-cour, le jardin et les fleurs, le paradis avec la présence des femmes.

Art figuratif

«Une fois le thème choisi, j'en explore toutes les facettes. L'inspiration se tarit d'elle-même. Je veux surtout éviter de me copier moi-même». L'artiste réalise ainsi des séries et dessine ce qu'il voit, mais selon un «art figuratif, pas sans objet». Cet amateur de Picasso avait au début pas spécialement apprécié ses études en Allemagne où il s'agissait de copier les modèles antiques, chose qu'il a comprise et appréciée plus tard. «Je n'avais peut-être pas l'âge pour en discerner la valeur». «J'ai mis du temps a trouver mon style, je pense que ce travail ne s'arrête en fait jamais». Atypique, sa prédilection va au dessin réalisé par un mélange d'encre de chine et d'aquarelle. «J'aime cette manière de dessiner très rapidement, sans correction possible. C'est aussi le fait en sculpture, pour montrer des personnages ou des animaux plus mouvementés, j'emploie le métal ou l'argile». Certains dessins sont également faits au crayon ou au fusain. Une seule sculpture en bois orne le troisième étage. «Depuis 1975, je n'avais jamais trouvé le cadre idéal pour la présenter».

Du Luxembourg à Israël

Les animaux sont particulièrement bien représentés dans son œuvre. «J'aime les observer, leurs tics rappellent ceux de l ‘Homme». Autre sujet de prédilection : les fleurs. «Je mélange leurs formes et leurs couleurs, je ne sais si les fleurs que je dessine existent réellement. Je dessine également beaucoup d'arbres. Ces des bons modèles, ils ne bougent pas, et leurs formes m'inspirent».

Des œuvres de Max Kohn sont représentées dans des collections publiques au Luxembourg. Ses collecteurs privés demeurent au Luxembourg, en Irlande, en passant par le Japon, les Etats-Unis et Israël. Mais son petit coin de Lorraine, dans l'ancien presbytère d'Ozerailles, lui suffit. «C'est un lieu qui inspire, surtout le jardin». Le public pourra s'en rendre compte à la Tour Mahuet à Labry.



À Fleur de Peau

LE JEUDI, 30 octobre 1999

Galerie Tendances Mikado présente en ce mois de novembre des peintures, des dessins, des sculptures en métal et des terres cuites de Max Kohn, peintre et sculpteur.

A Fleur de PeauMax Kohn expose du vendredi 12 novembre au samedi 27 novembre 1999

Les sujets de prédilection de Max Kohn sont l'organique, le vivant: L'homme et son milieu végétal et animal. Le point de départ de son travail artistique (l'aquarelle, la pierre, le bois, le métal, l'argile…) est toujours le contact avec le monde et le reflet figuratif que l'œil en capte : une fleur dans un vase, une poule, un poisson, l'humain, un baiser…

Max Kohn est fasciné par le mouvement et l'expression de la vie quotidienne qu'il exprime avec le savoir-faire du professionnel. Aussi son art est-il toujours franc, sans prétentions mondaines.



Max Kohn, un artiste qui pratique l'art de l'exutoire

Le Républicain Lorrain, vendredi 2 janvier 2004

Max Kohn travaille à l'impulsion. «Je peins et je sculpte pour évacuer les images et les envies que j'ai en moi». L'idée de la peinture à l'huile qu'il avait abandonnée depuis 25 ans, lui trottait ainsi dans la tête depuis un moment. Et ce sont douze tableaux qui en vu le jour en deux mois dans l'ancien presbytère d'Ozerailles.

Du 3 au 18 janvier, l'artiste luxembourgeois, Ozeraillais d'adoption, Max Kohn exposera de nouvelles œuvres au château de Moncel. L'occasion pour lui de revenir à une technique qu'il avait délaissée, l'huile.

Avec toujours très présente. La représentation de la femme, des animaux et des fleurs. «Je peins beaucoup ce que je vois». Adepte de l'art figuratif, Max Kohn, « un peintre qui ne joue pas l'artiste», dixit la citation de Picasso, aime travailler sur un sujet. «L'art soi-disant abstrait ne représente pas de sujet et ne choque jamais. Mes toiles n'ont pas pour but de choquer, mais ne cachent rien. Elles sont une sorte d'exutoire». En témoigne ainsi son autoportrait, silhouette sombre à l'impact mythologique.

L'art en l'artiste

Ancien étudiant à l'institut des arts et techniques artisanales de Namur et des Beaux Arts à Karlsruhe et de Mannheim, le natif d'Esch-sur-Alzette a entamé une carrière internationale il y à une trentaine d'années. Pour autant, il estime que l'art ne s'apprend pas. «Il entre en quelqu'un et n'en sort plus. L'artiste est à la fois celui qui s'allonge sur le divan et celui qui est à coté, celui qui pose les questions et donnes les réponses».

Outre la peinture à l'huile Max Kohn propose de découvrir six sujets différents imprimés en petites séries numérotées et signées de linogravure, technique apparue dans les années trente. «Le linoléum est facile à travailler. L'intérêt pour l'artiste est qu'une petite série a plus de valeur pour les acquéreurs, et que la linogravure est plus abordable qu'un tableau».

Avis aux amateurs.